Skip to main content

Bagan et chroniques birmanes

Bagan, c’est le siège impressionnant de l’ancienne capitale de la dynastie des rois Birmans. Un site archéologique bouddhiste de plus de 4000 temples et pagodes sur 50 km carrés, qui l’amène à être le plus grand site d’Asie du sud-est avec les temples d’Anchor au Cambodge. Construit avant le IX ieme siècle, il a été restauré après un tremblement de terre en 1975 mais ces interventions pas assez fidèles l’empêchent de figurer au patrimoine mondiale de l’UNESCO.

D’un côtés c’est probablement pas une mauvaise chose dans le sens ou ce changement amènerait un apport massif de touristes dans la région déjà métamorphosée.
En effet, le site est fascinant mais derrière se cache encore des sacrifices humains. Dans les années 80, les habitants du Vieux Bagan furent chassés de leur maison, avec un préavis d’une semaine par l’armée. Sur places, plusieurs infrastructures touristiques furent construits par des travailleurs forcés et probablement payés au salaire minimum majorés

bagan-temples-myanmar-birmanie-15
Quand on voyage au Myanmar, on sent que l’armée est derrière beaucoup d’histoires. Du coup on s’est renseigné, voici un petit résumé de l’histoire birmane.
La Birmanie fut le siège d’une histoire longue et complexe. Elle vit en son sein d’anciennes dynasties, un royaume de Pagan (aujourd’hui appelé Bagan) aussi important que celui des Khmers; devint colonie Britannique avant de retrouver une courte indépendance, puis de tomber sous le joule de deux dictatures militaires se succédant.

«La seule vraie prison est la peur»

Le pays est aujourd’hui en long processus démocratique grâce notamment à Aung San Suu Kyi, personnage de légende ici. Cette femme, lauréate du prix Nobel de la paix, on la voit en portrait dans de nombreuses maisons, telle une princesse Diana. Fille du général Aung San, figure assassinée de l’indépendance Birmanie, elle passera sa vie à se battre pour l’indépendance de son pays.
Leadeuse de la Ligue Nationale pour la Démocratie, partie qui obtiendra 80% des voix en 1980, la junte pour faire taire cette montée libertaire, enfermera Aung San en détention. Elle y passera ces 20 dernieres années entre incarcérations et assignations à domicile, et elle devra choisir entre revoir son mari avant qu’il meure d’un cancer ou rester dans son pays et tenir sa promesse auprès du peuple.
Libérée depuis 2010, elle continue sa lute politique pour instaurer la démocratie dans son pays, et est devenue une idole mondiale de la résistance contre l’oppression.

bagan-temples-myanmar-birmanie-1-2
bagan-temples-myanmar-birmanie-41

Malgré donc des signes d’ouverture récents par les autorités, c’est toujours un système répressif qui sévit. Le tourisme ouvert depuis peu, en apparence bon pour la population est en réalité une source de revenu non négligeable pour la junte militaire. Beaucoup de zones du pays sont interdites aux touristes ou alors avec un guide et nos trajets sont notés fréquemment: Hôtels et bus notent nos numéros de passeports.

Quelques petits trucs pour éviter de renflouer la junte:
Voyager le plus possible en mode routard, éviter les tours organisés, prendre les bus locaux le plus possible, éviter l’avion, le train ou le bateau. Manger et dormir dans des petits hôtels familiaux privés en bref encourager encore plus ici les locaux. Enfin, éviter si possible les taxes d’entrées officielles des sites touristiques.
Par exemple à Bagan, on est passés entre les mailles, et n’avons pas payés les 20$ de droit d’entrées gouvernementaux qui sont réputés pour aller directement dans les poches de la junte. En même temps en 2 jours passés sur places, il y avait un seul temple qui le demandait.  Après c’est vous qui voyez.

Je m’attendais à y voir un second Ankhor au niveau tourisme et j’ai été agréablement surpris. En arrivant on rencontre un Portugais du nom de Paulo qui deviendra notre partenaire de route une semaine durant. On accroche vite ensemble: humour un peu similaire, sujets de discussions stimulants, mêmes curiosités et goûts d’un rythme de voyage pas trop vite… On siègera dans le petit village animée de Nyaung Oo à 5 km des premières pagodes, qui sera notre camp de base pour ces 3 jours sur places.

bagan-temples-myanmar-birmanie-9
bagan-temples-myanmar-birmanie-38

Au programme, location de bicyclette et journées passés à travers les innombrables pagodes et Stupas à perte de vue à travers les chemins de sable. Certaines sont en ruines, d’autres en très bon état où l’on peux grimper sur leur sommets.
Ce qui est chouette c’est qu’avec la grandeur du site on peu aisément se trouver des lieux où l’on est seul, tranquille. Les alentours sont désertiques, le sol, sablonneux et rougeâtres, de la même teinte que ces pierres qui témoignent d’un autre temps. On ferme les yeux et pourrai presque entendre une vie imaginée de jadis.

Les lieux sont splendides, certains affichant de nombreuses fresques intérieures, et les bouddhas sont partout de toutes tailles.
Au milieu contrasté, d’enfants vendeurs de cartes postales et de stands à souvenirs vendant exactement les mêmes articles, on trouve de très nombreux fidèles qui conserve le lieux dans son étique spirituelle.

Quand on ne visite pas, on jase avec du monde, on rencontre, puis on se trouvera d’agréables spots à l’ombre pour la pause sieste et de super restaurants qui nous réconcilie avec la nourriture locale. Salades d’avocats et cacahuètes, Salades de feuilles de tamarinier, poisson grillé, sauté de piments poulet et riz…. Beaucoup plus de saveurs dans ce coin ci. La traditionnelle Mandalay beer est souvent de la partie.
On se remémorera ce patron de ce restaurant où l’on est souvent retourné, qui avait l’un des plus grand sourire encore rencontré; mais alors ses dents était tellement rouges et abimés par la chique de bétel !

bagan-temples-myanmar-birmanie-5

Voilà pour ce qui est de notre temps très apprécié à Bagan. J’étais venu avec certaines craintes et je fut grandement impressionné du lieu. Ca donne envie d’y retourner et en même temps, la peur de gâcher un souvenir encrée.
L’architecture de ce peuple d’antan est bien sûr fascinante mais ce sont aussi et surtout les sourires et échanges avec les autres  qui restent pour nous les plus précieux.
En route pour la suite, où l’on sera encore plus conscient de notre position de voyageurs touristes et du besoin d’être responsable en voyageant. Comme disait Ang San, permettre au peuple de « trouver un équilibre entre considérations sociales et intérêts commerciaux ».

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *