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Cap sur Kep, chez les Khmers

Le Cambodge s’ouvre tel un havre de paix après le vietnam, qui nous avait séduit avec grandiosité et force de caractère. Mais il n’était pas non plus de tout repos pour la circulation, le bruit… Sachez que nous passons d’un pays de 90 millions d’habitants à 14; ceci peux expliquer cela…

Le Cambodge n’a cependant pas gagné notre cœur par le passage de la frontière. La corruption prend ses quartiers ici, dés l’entrée du pays, où les officiers de l’immigration sont censés « représenter » l’état.
Nos frais du visa d’entrée sont « gonflés » et un couple d’australiens ayant acheté préalablement un evisa électronique se voit refusé l’entrée se devant de racheter un nouveau visa sur place… Le clous du spectacle est le passage devant « l’officier du ministère de la santé » qui prend notre température sur un thermomètre frontal et nous demande $1 pour nous rendre notre passeport avec un tampon attestant être apte sanitairement !! C’est une autre pratique totalement illégale et franchement refusez de payer à moins d’obtenir un reçus, ce qu’il ne pourra faire; prenez donc votre passeport et sortez de la pièce: si personne ne vous arrête vous êtes dans votre pleins droit.

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Après cette expérience amère dans le passage du « no mans land » nous partons dans les campagnes en direction de Kep. A partir de ce moment, les Khmers offrent un autre visage; aimable, calme et serein.

Kep est une ancienne ville de villégiature datant de 1900 qui durant 60 ans fut la destination estivale la plus populaire des élites françaises et cambodgiennes. La plupart des villas d’époques furent détruites par l’armée des khmers rouges. Aujourd’hui Kep est une petite ville tranquille qui revit doucement du tourisme, de la culture de poivre (celui de Kampot ) et de la pêche de crabes; et les deux vont très bien ensemble !
Ce qui nous marque d’abord, c’est le calme ressentit. On s’est vite trouvé une chambre dans une ancienne maison coloniale tenue par un français. Ces derniers sont partout, en l’espace de 2 jours on en rencontre des dizaines, la plupart des expatriés en quête de nouvelles libertés ou de retraites anticipées au soleil. Kep est le bastion des francais du Cambodge.

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A peine arrivé nous nous rendons au marché de crabe du village ou une série de baraquements en tôle plongent sur la mer. En face, la marée se retire et laisse découvrir une multitude de casiers à Crabes. Une femme coiffée d’un chapeau en paille en ramène un sur le quai où une foule se forme pour acheter les plus belles bêtes. Le soleil nous fait face et projette ses derniers rayons, le ciel vire au rouge, l’instant est plaisant, irréel.

Nous passons quelques jours à vivre au ralentit dans la région. Le plus beau souvenir que j’en garde est une journée à mobylette à suivre un itinéraire conseillé dans les petits chemins, les vrais petit chemins locaux. On y découvre des paysages de marais salants et de sentiers de sable menant à des hameaux de pêcheurs au milieu des cocotiers.
Loin de l’image pseudo superficielle des bords de mer tropicaux; la malnutrition est ici apparente, la pauvreté du pays est une dure réalité.
Les villageois survivent plus qu’ils ne prospèrent, mais la plupart ont souvent un bonjour au coin des lèvres, bien agréables dans leurs attitudes. Les peaux sont plus bronzées, les yeux moins bridés, nous rapprochons-nous de l’Inde ?

Sur la route, après avoir dépassé un chemin servant a priori de contrebande avec le Vietnam nous rencontrons des buffles. Il s’agit d’un vrai troupeaux, bien plus nombreux que nous avions rencontré avant. Ceux-ci se baignent dans les rizières ou des coins d’eau plus profond forment une piscine adaptée à leurs masses.
On passe un moment à les observer de loin s’éclabousser entre copains, avant de reprendre notre bécane.
Le chemin de terre et de bosse se faisant trop « tape cu » on se prend des pauses pour regarder les vaches au teint jaunie de blanche peau parsemant l’horizon. Elles ne sont pas bien grosses et les bergers sont souvent des enfants.

 

On roule devant quelques temples ou pagodes et s’arrêtons à un petit monastère où des jeunes moines se forment 6 mois reclus de la société. Une sorte de fascination réciproque s’installe et nous discutons un peu avec l’un d’eux, heureux de pouvoir pratiquer son anglais (notre cambodgien, lui, reste très très basique voir décourageant …)
La région offre une image nouvelle à nos yeux. Entre maisons en tek traditionnelles sur pilotis, villageoise se servant de meule manuelle pour du vin de riz, l’électricité qui ne se rend pas encore partout, le contraste est éclatant. Nous avons changé d’époque en venant ici; le rythme du pays semble plus lent et le gouffre de richesse énorme quand on le compare avec le Vietnam.

Maison Cambodgienne traditionnelle
Maison Cambodgienne traditionnelle et son autel particulier

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Un petit retour historique marquant, car le Cambodge ne fait pas vraiment partie de nos livres scolaires. On sait peu que son peuple fut victime il y a bientôt 40 ans d’un génocide qui fera plusieurs centaines de milliers de morts durant 4 années. En Avril 1975, Les soldats khmers rouges font tomber une ancienne dictature pour la remplacer par un régime de terreur. Les villes sont vidées, ses populations envoyées dans les champs et en camps de travail forcés, exerçant un régime d’une violence extreme. Cet épisode tragique est un grand contraste avec la grandeur de la longue civilisation Khmer visible encore aux temples d’Anchor.

Pour ceux que ça intéresse, un article de le Monde traite d’un dossier historique Français pas très glorieux à écrire sur le mur de la honte. Une sorte de Vichy khmer… A voir aussi cette série de photos d’arts sur le thème.

Le traumatisme peux peut-être expliquer en partie la sensation que l’on a d’un pays plus au ralentit que ses voisins. Ce peuple principalement rural nous semble aujourd’hui si fier de vivre. Ils sont moins direct, peut-être un peu plus en retrait, mais au combien sympathiques.

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Architecture typique des temples de la capitale

Dans la capitale Phnom Pen où nous resterons 2 jours, est visible la prisons S21, un camp de concentration et de torture du régime des khmer rouge. Pas vraiment le coeur à le visiter, le reste de la ville nous semble étrange, comme en contradiction avec le reste du pays.
Du coup on reprend notre route vers un village qui sort de l’ordinaire, sa population vie sur l’eau…

One thought to “Cap sur Kep, chez les Khmers”

  1. Bonjour Nancy magnifique ton blog j adore j apprend pien de choses et les photos sont magnifiques Je vous avez envoyé un mail a noel mais je pense que vous ne l avez pas eu
    bonne continuation pour votre voyage et faites nous réver a bientôt gros bisous Patricia et Eric

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