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La chaleur du sud

Dernière étape du Vietnam, le sud. Alors, qui dit sud, dit finalement soleil, chaleur et ventilateur de survie. On quitte la jolie ville de Hoi An, car on doit se rendre pour le jour de l’an à l’île de Phu Quoc. Le visa se termine sous peu et donc on saute dans un autobus pour plus de 28 heures de route. Au cas où vos connaissances de géographie ne s’étendent pas jusqu’aux détails asiatiques, bien, le Vietnam s’étire de tout son long…et en autobus… c’est long. Heureusement ce sont des sièges-lits, c’est mieux qu’un banc normale, mais ça reste un véhicule sur les routes du Vietnam avec sa circulation toujours aussi chaotique et épeurante.

Heureux d’arriver à Saigon, on y dort une bonne nuit et hop un peu plus de transport, et là on opte pour du local. Nos sacs sont miraculeusement dissimulés sous des sièges et Thomas se retrouve les genoux bien pris. Can Tho est une ville moyenne pour un Vietnamien, c’est à dire 1,2 million en 2010. Nous cherchons désespérément la campagne, mais c’est pas toujours facile.

Une fois l’hôtel déniché, on rencontre un Canadien des prairies, Fletch, de son nom. Les gars prennent grand plaisir à discuter avec une bonne bière fraîche. De fil en aiguille, il nous fait bien rire et on décide de partager une barque dès le lendemain matin 5am à la rencontre des fameux marchés flottants du delta du Mékong. Une matinée de procrastination était à l’horaire, mais à quoi bon se reposer quand on est en vacances. Ce sera pour un autre jour la grâce matinée.

Debout avant le soleil, les gars ont tout de même la chance d’avoir un « supposément » bon café pour commencer leur journée. Dans la barque, notre charmante guide nous offre avec un grand sourire une belle grappe de 6 ou 7 mini bananes. L’embarcation est assez simple, mais on a tout de même le luxe d’un petit coussin pour notre fessier. Ici, la capitaine contrôle le moteur en plaçant une jambe dans un grand « U » métallique. Elle reste en permanence debout, mais elle a les mains libre afin de vaquer à d’autres occupations. Cette besogne semble être l’art de créer des objets à l’aide de feuilles, de tiges ou de fruits divers. Nous aurons la chance d’apprécier tout l’ampleur de son talent au fur et à mesure que la journée avancera.

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Nous commençons à circuler parmi les nombreux bateaux d’un marché. C’est plutôt coloré et intéressant. On retrouve majoritairement de la nourriture à vendre en toutes sorte de quantités. Un bateau annonce sa marchandise en suspendant assez haut un échantillonnage de ses produits sur une perche de bambou. Les bateaux se côtoient d’assez proche, quelques collisions lentes se produisent et on se pousse de tous les côtés. En tant que « plus petit » type d’embarcation dans les parages, on se sent parfois bien petit. Le soleil n’est pas très haut, la lumière est magnifique, le moment est magique.

Nous trouvons finalement la campagne et c’est dans des petits canaux secondaires que nous voguerons entre arbres fruitiers et champs cultivés. Nous cueillons un  » milk fruit « , un fruit assez rond demi vert, demi mauve. Il tient son nom du fait que lorsque nous l’ouvrons il crée un liquide blanc qui s’apparente à du lait. Un fruit intéressant et savoureux, inconnu dans nos contrées nordiques. La dame du bateau se fait un grand plaisir de nous faire traverser un pont assez douteux en bambou, un à la fois on y passe et on a la vague impression qu’elle se fout de notre gueule tout au long du passage des trois blancs incertains.

Terminé le Mékong, on donne rendez-vous à Fletch sur Phu Quoc pour continuer la bonne humeur et fêter le nouvelle an en gang. C’est encore en transport local que nous nous rendons à la ville d’où partira le bateau pour Phu Quoc dès le lendemain matin. Nous avons été plus que chanceux dans cette fin d’après midi. On arrive à un terminale d’autobus à des kilomètres de notre destination. Nous sommes assez perdu, épuisés et pas tout à fait encore acclimaté à la chaleur, particulièrement avec les gros sacs sur le dos. Nous cherchons la mer, nous cherchons le quai, nous voulons juste se poser un peu. Un banc blanc, à l’ombre, nous fait un clin d’œil. Nous faisons un arrêt et là deux touristes viennent vers nous et disent ne pas trouver de billets pour le bateau du lendemain, les rumeurs clament qu’il serait plein. Ils ont un billet de bus à 4am pour se rendre dans une autre ville, où un autre bateau partirait à 8am. D’autres touristes se joignent à la conversation et disent avoir eu un billet, moyennant une assez large prime. Et c’est là qu’un Vietnamien sur son scooter s’approche de l’attroupement et dit que l’agence est mauvaise et nous confirme qu’il reste des billets. Voilà notre ange de la journée. Le groupe se disloque et nous suivons avec espoir le petit scooter qui nous promet la lune… Gratuitement! Miracle, nous avons deux billets au prix attendu et l’ange disparaît après nous avoir conduit à l’hôtel de son ami. Nous avons cru comprendre que la dame qui nous a vendu les billets serait la sœur de notre ange gardien. Plus tard dans la soirée, par pur hasard, nous retrouverons devant notre hotel nos deux amis de la baie d’Halong, Guillaume et Agathe. Ils seront moins chanceux que nous, reveil matinal pour eux.

Arrivé à l’hôtel, un peu reculé on doit dire, nous retrouvons Guillaume et Agathe de nouveau, mais cette fois c’était planifié. Nous louons des scooters et hop à la « playa ». Dès le lendemain, nous allons explorer l’île et ses chemins de terre rouge. Nous longeons la jungle et au bout du bout, nous trouvons un village de pêcheurs assez authentique. C’est la simplicité de vivre, des sourires et un accueil des plus chaleureux. Les enfants s’époumonent à nous dire  » allo » en boucle. C’est déjà la fin de la journée et la fin de l’année dans quelques heures. On rentre à l’hôtel pour se rafraîchir et enfiler nos plus beaux habits, standard de voyage bien sûr. Tout le monde se rejoint au pub local de bord de mer pour les bières qui se qualifierons de tradition de notre séjour. À mon plus grand bonheur, nous allons finalement souper tous ensemble au resto Indien que je convoitais tant. La pression était haute et heureusement tout le monde s’est régalé. Nous marcherons pieds nues entre sable et mer le long des multiples bars et installations pour le nouvel an. On s’arrête à un endroit bondé, l’ambiance est à la fête. Ça y est, nous sommes en 2015! Nous danserons sur la plage et doucement nous fermerons les yeux sur cette nouvelle année.

Bonne année à tous!

2 thoughts to “La chaleur du sud”

  1. Salut Nana et Tom Tom 🙂

    Comment ça se passe le voyage ?
    On est allé le voir le départ de la Quest ce matin par -40. Ça doit vous semblez loin tout ça maintenant.

    Des bises

    Ciolin

    1. Salut Colin, ca se passe bien; le blog n’était pas à jour, on y travaille fort 😉 Là on est en Birmanie; on a vu vos chouettes photos de la course; ca nous change d’ici en effet ! On espère que vous allez bien tous les deux..
      Gros bisous à Amanda !

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