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Les milles beautés du Langtang

Le Népal, quel pays magnifique, où la beauté des paysages, la richesse de la culture et le sourire des gens font de chaque passage des souvenirs mémorables. Nous avons eu la chance de vivre l’expérience népalaise avant la grande catastrophe du tremblement de terre du 25 avril dernier. La terre a tremblée 9 jours avant notre départ, ce qui nous a permis de visiter Katmandou, faire une superbe randonnée dans la vallée du Langtang, terminer une courte randonnée dans les Annapurna et se balader dans Pokhara et Baktapur. Malgré les événements et notre sentiment de tristesse associé à celui-ci, je vais tenter de vous plonger en plein cœur de l’Himalaya et vous faire découvrir la beauté de la vallée du Langtang.

Nous avons longuement hésité avant d’arrêter notre choix sur le Langtang. Les deux destinations les plus fréquentées par les randonneurs sont les régions de l’Annapurna et de l’Éverest. Seulement 30% des touristes sportifs se risquent à explorer d’autres parc et donc toutes les autres régions se partagent ce petit pourcentage de randonneurs recherchant un petit quelque chose de différent. Nous allons donc partir pour un bon six heures de bus local pour atteindre notre petit village de départ, Timbu.

Arrivé au village seulement un gîte est ouvert, le choix ne sera pas trop difficile. Nos posons donc notre sac et nous nous promènerons dans les terrasses environnantes à la découverte de la campagne népalaise. Un pont suspendu nous conduira vers un joli point de vue sur le fond de la vallée, la rivière bourdonnante et les villages parsemés sur les versants verts et escarpés. Bien tranquille, assis sur un bout de terre, nous apprécions le moment. Trois dames se dirigent vers leur demeure et nous invite au passage. Belle rencontre! Nous prendrons le thé et nous discuterons principalement avec la plus jeune des filles qui avait un anglais un peu plus élaboré que ses sœurs aînées. N’ayant pas prévu cette rencontre, nous avons dû remercier nos hôtes et quitter avant de se faire prendre par la noirceur sans lampe de poche. Au premier petit matin, nous apprendrons notre première leçon sur la gestion de notre temps en randonnée. Ayant prévu de partir tôt, nous avons mis le réveil matin, mais le déjeuner à bien dû pendre une heure à arriver sur la table. Il faut donc choisir notre met la veille et commander notre repas avec une heure bien précisée aux petites heures du matin. Cuisinant souvent sur le feu, nous devons leur donner une chance de s’organiser.

La première journée sera très chaude et nous alternerons entre sentiers et chemins très peu fréquentés. Ce sera une ascension constante de 1000 mètres. Les paysages sont bien vert et les terrasses sont superbes. À notre passage à Kakani lors de la pause midi des travailleurs, on nous offrira une assiette du grand chaudron commun. Nous refuserons poliment et après quelques infos supplémentaires pour trouver notre chemin nous reprendrons la route. Une bonne journée dans les pattes, chaleur humide au rendez-vous, nous ferons la rencontre d’un jolie couple de cultivateurs tibétains. Selon les coutumes du coin, il semble être de mise d’offrir quelque chose aux invités. Tout d’abord on nous offrira un peu de thé, mais par crainte que l’eau n’ai pas bouilli, nous tentons de refuser gentiment. Nous finirons tout de même avec un verre rempli d’une substance laitière non identifiée un peu suri. Nous buvons tout de même en croisant les doigts que notre estomac supportera. Un gros merci au couple en langage local, Namaste. Heureusement nous étions près de notre destination finale pour la journée. Comme tout au long du trek, le ciel se couvrira en fin d’après midi et un petit orage éclatera. À ce joli refuge, nous ferons la rencontre de deux français avec qui nous simpatiserons tout au long de la soirée.

Le deuxième jour nous descendrons jusqu’au fond de la vallée afin de traverser un joli pont suspendu et remonter à la même altitude que le matin. Sous les bons conseils de notre rencontre de la veille nous choisirons un refuge de toute beauté. Il y a beaucoup de choix à Melamchigaon, plus d’une dizaine de familles offrent lits et couverts. Nous avons tous les deux bien aimé l’ambiance de ce petit village. Ils sont suffisamment bas pour avoir beaucoup de culture de pomme de terre, de blé et autres. Nous discuterons beaucoup avec la dame qui tenait le lieu et son fils qui avait un très bon anglais. Le soir venu, Thomas et moi se réfugieront tout près du feu de cuisson pour quérir un peu de chaleur. Du coup, Thomas aidera à la préparation de quelques plats tel qu’une soupe typique garnie de boules de patates pilées. Cette soirée restera dans nos bons souvenirs et de beaux échanges avec les locaux. Nous aurons également la meilleure douche de tout le trek, chaude à souhait, pression et local pas trop froid. Un vrai bonheur!

Dès le troisième jour nous affronterons notre premier col, les premières neiges et nous atteindrons une altitude supérieur à 3000m. Nous dormirons directement au col de Thadepati, soit à 3690m. La journée sera que monté via jolis forêts de Rhododendrons et une quantités incroyable de marche fait avec les roches du coin. Nous trouverons la neige au sol tout en haut et les refuges se font un peu plus rustique. La douche n’est plus en option, seulement un bassin d’eau chauffé sur le poêle a bois dans une petite pièce ou l’air glacial entre de partout, le tout pour un prix de fou. Les lingettes seront notre solution économique. À cette hauteur seule une pièce sera chauffé où tous nous nous retrouvons pour discuter et manger.

Au lever du jour, la vue est spectaculaire sur les sommets environnants. Le seul bémol c’est l’orage de grêle de la veille qui glacera la neige d’une couche de glace assez épaisse pour difficilement la percer de nos souliers que je qualifierais de légèrement mésadaptées.

Ce sera le moment le plus effrayant de tout le trek, car dès le départ du refuge nous devrons descendre une pente très glacé, mais en traverse d’une plus longue pente toute aussi patinoire. Étant donné que sur mes pieds, malgré les deux bâtons, je ne me sentais pas du tous en contrôle, j’ai décider de descendre sur les fesses et ainsi baisser mon centre de graviter. L’idée était bien jusqu’au moment où la gravité m’emportera sur l’autre pente. Voilà, c’est la vente de garage comme on dirait chez nous. Une gourde par-ci, l’autre par là, un bâton à gauche, l’autre à droite et moi je roule dans le milieu de tout ça en riant jusqu’à mon arrêt dans des buissons un peu plus bas. Quelques bleus, mal à un petit doigt et perte de ma seule Nalgène sera la conclusion de cette glissade non désirée. Nous prendrons un temps record pour parcourir les quelques premiers kilomètres de la journée dans ces conditions difficiles. Lorsque finalement le soleil réchauffera la neige, nous multiplierons notre adhésion à la neige. Ce sera une longue journée de monter et de descente sans fin entre plaques de neige et terre ferme. Nous arriverons en plein dans le début de l’orage quotidienne sous pluie et grêlons. La grêle se transformera en neige, suffisamment pour nous faire douter de notre choix de passer le grand col le lendemain matin. Heureusement un guide nous rassurera que cette quantité peut être embêtante, mais aucunement dangereuse.

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Ça y est, la journée la plus exigeante est arrivée. Nous passerons le col de Laurabina de 4610m dans le sens le plus difficile. Grâce à la tempête de la veille, nous ne voyons plus le sentier et nous avons 1000m d’ascension. La plupart du monde traversent dans le sens inverse où seulement 230m d’ascension est nécessaire depuis le village d’avant. Ce sera donc à trois, Thomas, moi et un allemand, que nous ouvrirons les pistes vers le haut du col. Ce sera épuisant, particulièrement lorsque la couche de neige défonçait sous nos pieds et nous nous enfoncions jusqu’à la taille. L’altitude n’est également pas négligeable, c’est laborieux, la progression est lente et difficile. Thomas souffre de l’altitude, il veut qu’une chose; filer vers le refuge et se reposer. Malgré tout, les vues en valent le détour et l’effort, c’est à couper le souffle! Tout simplement magnifique.

Nous arriverons assez tôt à Gosainkund sous un soleil d’altitude entouré d’un désert de blancheur. La vue sur les lacs glacés est génial. Les nuages dansent sous nos yeux et longent doucement les pentes pour remonter doucement et créer un superbe tapis blanc. Je mange une espèce de Poutine népalaise. Des pommes de terre locales, couverte d’une sauce brune aux oignons et agrémenté de plein de fromage de yak fondu. Trop bon! C’était tout simplement écœurant!

Nous repartons de cet endroit unique en cette première journée où dès le matin des nuages obstruent les haut sommets au loin. Nous descendrons à la limite de la neige. Une petite journée afin de reposer un peu notre corps et profiter de la vie. Nous mangerons une bonne brioche à la cannelle et papoterons avec un vieux de la vieille. Malgré les pauses, nous serons au refuge dès midi. Nous espérons que le temps s’éclaircira afin de pouvoir profiter d’un dernier panorama sur les sommets avant de redescendre dans la vallée juste à côté.

Nous n’aurons pas la vu escompté, mais un matin de grisaille. Quelques sommets daigneront tout de même se montrer, mais ce sera sous la pluie des sentiers de boue glissante que nous passerons la journée.

Nous voilà dans le joli village de Thulo-Syabru, un de nos coup de cœur. Nous dormirons chez Didi et Chimi, un couple adorable. Nous y resterons quelques jours pour faire un peu de photos des gens, sympathiser avec nos hôtes et attendre pour un festival boudhiste qui se passera dans notre hotel. Ce sera une espèce de bénédiction des lieux par le Lama du village. Didi nous fera sont meilleur thé masala, Chimi nous montrera ses récoltes d’essences d’arbres particulières pour la cérémonie. Il y aura un grand feu, des prière récitées et des sculptures façonnées. Le village est entourré de montagnes et de terraces de cultures vertes. Nous avons tellement aimé nos quelques jours ici que nous y reviendrons à la fin du trek malgré le détour qui s’ensuit.

Nous voilà dans la partie la plus populaire de la région, soit la vallée du Langtang. Nous étions dans la vallée de Helambu depuis le début, mais plus maintenant. C’est une vallée bien encaissée et assez sombre. Nous longeons une rivière et passons de multiples villages de refuges. La foule est beaucoup plus présente,  nous rencontrons énormément de gens sur les sentiers ainsi que porteurs et mûles.

Nous nous arrêterons à River Side pour dormir, tout sauf un coup de cœur. Nous sentons bien que la masse influence l’ambiance générale. Je ne veux même pas m’imaginer l’Everest ou les Annapurna. Nous commencerons à beaucoup plus apprécier à partir du grand village de Langtang. Nous y arriverons en pleine tempête de neige avec un vent de face qui nous obstru la vue. Nous y verrons nos premiers vrai Yak, de belles bêtes bien grosse et bien poilus.

La journée entre Langtang et Kyanjin Gumba ne semblait pas trop longue et laborieuse, mais l’altitude nous a fait revisiter notre opinion. Les paysages sont de plus en plus beaux. Difficile d’y mettre des mots. Nous verrons plusieurs manifestations religieuses tout au long du sentier, dont des stupas, des drapeaux, des rouleaux de prières et des pierres gravées de symboles multiples.

Le bout du bout, nous y sommes, Kyanjin Gumba à une altitude de 3830m.

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C’est un petit village de refuges assez coloré, mais bien tortillé. Nous y achèterons du bon fromage de Yak, un jeune et un bien vieilli. Nous vaincrons la tempête de neige pour atteindre notre objectif fromage. Nous repartirons de bon matin pour faire un petit sommet au panorama incroyable et redescendre une bonne partie de la vallée. Après cette longue journée, nous auront la malchance d’arriver à un refuge où la seule place disponible était dehors dans une petite tente. Toutes les autres possibilités étaient réduit à néant à cause d’un groupe de 26 belges qui occupaient tous les refuges des alentours.

Voilà nous sommes de retour chez Didi et Chimi où nous resterons encore quelques nuits par plaisir et parce que la grève des transports sévissait dans tout le pays pour 3 jours. Nous en avons donc profité pour déguster les bons petits plats de Didi tel sa soupe à la courge, le pain tibétain au beurre de yak et son fameux thé masala.

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Nous rentrerons à Katmandou après en avoir pris plein les yeux et le cœur pendant deux belles semaines dans les montagnes népalaises.

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