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Silence… méditation en cours | Vipassama en Thailande

En Thailande, il n’y a pas que les plages, la nourriture ou la boxe. Il y a la religion bouddhiste et ses bouddhas omniprésents et il y a aussi la méditation que l’on connait peu chez nous et qui fait partie ici du paysage social et culturel. Ici, les enfants vont au monastère comme on va au catéchisme chez nous, et il n’est pas rare d’y voir des adolescents partir plusieurs mois en retraite, non pas pour devenir moine mais pour s’assagir un peu. Y vont-ils de eux même ? Je n’ai pas la réponse mais nombreuses sont les personnes de toutes âges que l’on voit donner aux temples et aux moines. Beaucoup retournent méditer régulièrement et l’action m’a fait surtout penser à une action personnelle, une sorte de refuge plutôt qu’à un culte extérieur. Petite note intéressante à réfléchir, ici pour son anniversaire, on ne reçoit pas de cadeaux; on se lève tôt généralement pour aller donner aux moines et méditer, puis on va remercier ses parents d’être né.

Moi je ne sais pas trop pourquoi mais ça me trottait dans le tête d’essayer depuis un moment. Nana elle, toujours prête et curieuse de nouveauté m’a finalement suivit dans cette expérience… Et en fait l’expérience que l’on a eu la chance de vivre s’est un peu présentée d’elle même ou alors on a sut la prendre au vol.

Nous sommes toujours en road trip sur notre petit 2 roues dans la campagne montagneuse du Nord ouest, quand traversant un petit village, on aperçoit deux occidentaux tout habillé de blanc qui déteignent pas mal avec le reste de la populace. Tout intrigué, on en trouve l’origine 1 km plus loin sur un panneau indiquant un centre de retraite Vipassama vers une petite vallée entourée de falaises. 20 m plus loin, notre instinct nous pousse à faire demi tour moué par le désir d’inspecter cela de plus prêt.

Après 500m  de petit chemin, on débarque sur un fond de vallée aménagée et fleurie telle un jardin d’éden. Des petits Bungallow sur pilotis faillent de bambou parsèment une immense clairière entourée de chemin de promenade, d’arbres, de petit étants et de potagers. Le monastère a proprement parlé est plus une immense pièce sans mur, entourée de colonnes et où siège en son centre un Boudha assez impressionnant.

Du personnel balaie les feuilles et sur le versant opposé au centre, une petite rivière trace son lit enjambée par un petit pont de bois menant au second monastère. Autour de la propriété il n’y a rien, qu’une jungle épaisse et le silence de la nature.

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Dans ce décor fleurie, des hommes et des femmes principalement occidentaux tout habillée de blanc vaquent à leurs occupations consistant à lire, méditer, se promener, discuter paisiblement…. Bon se dit qu’ici les gens viennent se reposer, mais il faut dire aussi que notre esprit pas vraiment familier à ce genre de vision à tendance à classer cela dans le domaine de la secte ! Et pourtant on on en est loin.

Après quelques minutes sur place, une thaïlandaise nous accueille et nous renseigne. L’intention du lieux est d’enseigner aux néophytes les bases de la méditation Vipassama. On peux rester là le temps souhaité et le tout, propre à la mentalité bouddhiste est gratuit (sur donation). D’ailleurs personne n’est payé dans le monastère, que ce soi les moines qui enseignent, que les personnes qui entretiennent ou cuisinent.
Pour rester, Il y a cependant des règles à respecter : s’habiller de blanc; les personnes de sexes opposés ne peuvent dormir ensemble; pas d’alcool de drogues ou de cigarettes et ne pas déranger les autres en diffusant de la musique ou en parlant fort. Apparemment ce lieu est moins strict car d’autres retraites imposent un silence absolue tandis qu’ici il est simplement conseillé; certaines personnes portent un badge indiquant qu’ils sont en retraite silencieuse.

On s’est regardé avec Nancy et qu’à cela ne tienne on désirait essayer. Du coup on s’est retrouvé changés, et prêt pour l’expérience. Nancy a obtenue sa propre petite cabine / bungalow et moi par manque de place je me suis installé dans un grand dortoir où nous étions seulement 3. Pour tous lit, une simple paillasse, un coussin mince et une couverture;  ici donc pas de grasse matinée !

Et c’est ainsi que nous avons pris part à l’organisation des jours suivante:

– 6h30 : Sonnation de la cloche du levée.
– 6h45 : Donation de nourritures aux moines (généralement du riz).
– 7h00 : Petit-déjeuner, souvent en silence.
– 8h00 / 10h00 : Introduction, enseignement de notions puis environs 1h45 de marche méditative, suivit de méditation assise, puis allongée.
– 11h15 : Donation aux moines et novices, suivit du repas de midi (dernier repas de la journée ). Chacun est responsable de laver ses propres assiettes et couverts.
– 13 h / 15 h: Même séance que le matin consistant à une discussion, suivit d’environs 1h 45 de méditation.
– 15h : temps personnel pour la détente, lecture ou s’entretenir avec les moines.
– 16h / 17h : participation à une tache d’entretien du monastère : balayage, nettoyage… le tout généralement en silence et concentrée.
– 17h: Temps personnel
– 18h/ 20h : Méditation chantante ( en général la seule part qui se rapprochait plus de  la religion bouddhiste, qui pour la peine nous a moins rejoint) suivit de 50 mn de méditation assise.
– 21h: généralement l’heure de coucher ou de temps personnel.

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C’est quoi Vipassama ? 

Vipassama, qui signifie Voir les choses telles qu’elle sont est une des plus ancienne technique de méditation d’Inde. Elle fut enseignée par Bouddha comme un art de vivre, mais nul besoin d’être bouddhiste pour l’apprendre.

Il s’agit en peu de mots d’une technique ou un art de vivre qui cherche à éradiquer la souffrance, à purifier notre mental, afin de faire face aux tensions de la vie de manière plus calme et équilibrée.
Cela ne consiste pas à devenir un moine et ce n’est pas non plus une religion ou un culte basé sur une foi aveugle.

Son principe de fonctionnement est d’observer sa respiration afin de concentrer son esprit. Honnêtement les premières fois, cela parait invraisemblable, on se demande ce qu’on est censé faire. On essai de fermer les yeux, de respirer puis on tiens quoi… 3mn !
Les premières fois j’ai trouvé ça franchement difficile. Puis j’ai compris qu’il n’y avait rien « à faire ou comprendre » de spécifique, simplement observer sa respiration de manière consciente…

Après un moment on observe généralement l’apparition normale de nombreuses pensées, de souvenirs, d’émotions qui peuvent altérer notre concentration. L’idée est justement de les laisser faire, les observer sans interagir et généralement elles se dissolvent. L’idée d’observer une émotion sans la chasser ou l’apprivoiser est de lui permettre de s’exprimer totalement sans blocage.

Franchement ce n’est pas facile au début, il est normal de ne pas réussir à rester concentrer, voir à s’endormir pour certains (on attendait parfois des ronflement surtout au moment de la méditation allongée !). C’est une sorte d’exercice à pratiquer sur la longueur.

L’approche de la méditation est la nécessité de comprendre la nature de son mental, au lieu de se battre avec; une sorte de prise de conscience par l’éveil de qui nous sommes réellement. Un des autres principe que j’ai ressentis est d’apprendre à être conscient dans le présent, là maintenant, sans être constamment dans le passé ou l’avenir.
Par exemple, quand on mange, on essai de se concentrer sur ce qu’on mange et quand on doit planifier un évènement, et bien on se concentre sur cette tache.
On est tous surchargés de pensées, mais aussi de conditionnement et de filtres qui nous font réagir d’emblée sans même y penser.  C’est comme un outil nous aidant à prendre du recul, à ralentir le mental, afin de se rendre compte de  nos réactions voir d’intervenir.

Finalement on est resté 5 jours, c’est à la fois peu mais on a trouvé cela suffisant pour une première fois. On a apprécié le fait de pouvoir parler avec certains « apprentis » plus expérimentés afin de partager nos expériences. Je pense qu’en plus de nous donner de nombreuses notions du bouddhisme, de méditation, voir de changer un peu notre vision de l’esprit cela nous a rendus plus outillés pour devenir plus « conscients » dans la vie de tous les jours.

Après ces 5 jours, on a repris notre 2 roues comme de rien était et 3h plus tard nous étions de retour dans la « civilisation ». Ce n’était pas une grande ville et pourtant mes sens étaient vraiment à vif durant les premières heures. Je me sentais comme extrêmement sensible à tous les sons, bruit et odeurs qui passaient autour de moi.

On a compris que la méditation c’est avant tout un état d’esprit. Il n’est pas nécessaire de le pratiquer tel un moine en position lotus, qu’on peux même méditer en faisant la vaisselle mais que le calme aide quand même. Finalement on a repris la route, on est pas devenus des saints, peut être un poil plus sages, mais face à notre égo… y’a du travail !

Allez bonne journée à tous…

 

Information sur le lieu de retraite:
Tam Wua Forest Monastery
Dans la region de Chang Mai au Nord Ouest de la Thailande
35km de Mae Hong Son sur la route Num 1095 en direction de Pai

5 thoughts to “Silence… méditation en cours | Vipassama en Thailande”

    1. C’était très bien ouai. J’ai beaucoup aimé l’expérience; même l’envie d’en faire plus ! C’est ce genre de lieux où tu avais été non ?

  1. Trop cool que vous vous soyez arrêter pour faire une intro au Vipassana. Définitivement, on s’en reparle a votre retour. Tu as super bien décris tes emotions et sentiments par rapport au Vipassana. C’est sur que je vais en faire un jour mais j’aime beaucoup l’introduction . Me semble que nous avons le temps de nous apprivoiser dans ce nouvel état d’esprit. Méfier en faisant le menage, c’est vrai que cela se fait super bien et assure la detente.

    Bisous

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