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Viens chez moi, j’habite sur l’eau… Kompong luong

On cherche à rejoindre un village réputé pour vivre sur l’eau où il est apparemment possible d’y dormir.
Du coup on doit demander au chauffeur de nous déposer sur un bled au bord de la route à 10km de notre destination (apparemment il n’y a pas de bus qui s’y rende). Après 3h de bus, on se fait déposer à l’endroit entendu, on est les seuls à descendre et on se demande un instant si c’est le bon endroit.

Le village est a moitié désert et traversé de bord à bord par la grande nationale. Le soleil tape fort, c’est midi et on finit par trouver un abris dans un petit bui-bui où des locaux sont attablés, c’est plutôt bon signe. On doit faire appel à nos mains par manque de parlé commun puis on se fait servir un plat de viande au bouillon étrange que l’on espère pas trop épicé. Finalement c’est plutôt bon et on a droit aux regards en coin mi curieux mi méfiants des locaux.

Partout autour de nous sont étendus des filets de poisson séchant au soleil. À défaut d’être loin de la mer on doit être plus proche du grand lac. Quelques instants plus tard, un bonhomme nous offre à boire sous son échoppe et après lui avoir nommé notre destination il appelle un ami qui débarque en moto pour nous y amener. Il a une bonne tête et demande un prix raisonnable pour effectuer les 8 km.
De là se part un échange pour se faire comprendre et savoir comment il va nous amener à deux avec nos sacs. Et bien c’est bien simple, il prend un gros sac devant lui, moi au milieu avec les 2 petits et Nancy à l’arrière avec son gros sac sur le dos, c’était pourtant évident !
On oublie parfois qu’on est en asie, qu’ici un mini-van consiste à une famille de 6 sur un scooter.. On démarre donc roulant à 25, la suspension au plancher et notre chauffeur est drôle, plutôt prudent et douillet pour nos popotins. Finalement on arrive au bord du lac Tonlé Lap, qui s’ouvre comme une mer; il s’agit de la plus grande source d’eau douce en Asie du sud est !

Le village se déplace de plusieurs km au gré des saisons et de la montée des eaux. L’embarcadère est une sorte de mafia/ office de tourisme où il faut payer un droit d’accès et choisir d’avance le homestay où rester parmis 3 choix. On n’aime pas vraiment cette méthode mais préférons au moins le fait de rester chez une famille du village plutôt que dans un hôtel.

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Ce que l’on découvre en navigant dans les canaux est une fable vivante. Les maisons sont toutes en bois, peintent en bleu et rouge, posées sur un système de bambou et de barils comme des radeaux améliorés.
Le plus fou est qu’il y a de tout : des petites épiceries, un poste de police et d’essence, un magasin de chaine HI-FI, une usine à glaçon, une école, une pagoda et même une église catholique pour la partie Viet (apparemment un quartier entier abrite des familles vietnamiennes)…
Mais ce qui m’a marqué encore plus fut la présence en nombre disproportionné de magasins de téléphone portables et smartphones.

Nous rejoignons la petite famille, un jeune couple et leur deux enfants chez qui nous dormons pour la nuit. Il s’agit d’une maison traditionnelle flottante aménagée en guesthouse. Les chambres sont sommaires, un simple matelas en mousse et un ventilateur.

Plus tard, nous partons en escapades à bord d’une petite barque assez bancale. C’est sympas de ramer un peu car le bruit des moteurs se fait plus insistants par endroits.
Quittant les canaux principaux de navigation on se perd un peu dans les dédales, on finit presque dans les arrières courts des gens. Nous croisons des enfants rentrant de l’école sur leur barquettes, là l’un fait la vaisselle dans le lac ou travaille sur un filet de pêche et l’autre se prélasse sur un hamac.

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D’un point de vus écologique c’est une catastrophe et l’hygiène est problèmatique. L’eau courante, celle du lac est utilisée tant pour se doucher que pour la lessive, vaisselle et cuisine. On a vu quelques bidons d’eau potable mais pas en majorité dans les maisons. Pour les commodités, un simple trou dans un coin de la maison donnant sur l’eau…

Il se dégage une ambiance étrange, mais étonnante et authentique de ce village. Certains habitants ont leur chien avec eux et on y a même vu un singe ! Le soir venu le calme s’impose vite; il n’ y a pas d’électricité courante mais de simples lampiotes sur batterie rechargées via des petits panneau solaires. Ici comme ailleurs beaucoup ont leur petit poste de télévision…

Au matin, la vie reprend vite au bruit des moteurs. L’air est vif et frais et il fait bon de sentir comme en pleine mer. On se baladera encore un peu avant de reprendre la route. Même pour une nuit on est heureux d’avoir fait l’effort de venir ici, sentir un peu plus l’incroyable adaptabilité de l’homme à son milieu.

Plus au Nord du Cambodge on rejoint l’ancienne ville coloniale de Battambang.
La ville était réputé pour son architecture mais encore une fois on la trouve gâchée par les publicités, et pancartes propre à la mondialisation. On parle souvent des effets dévastateurs du tourisme de masse, mais je me pose souvent la question si la mondialisation n’a pas plus de poids dans le changement drastique des cultures. Retrouvant partout les même marques, habits, et matériaux de fabrication, toutes ces petites choses qui grignotent nos différences « apparentes ». Après qui est on pour demander à une culture de ne pas évoluer de continuer à vivre de manière simpliste pour satisfaire nos yeux d’occidentaux. On est tous un peu l’occidental d’un autre. On a juste l’impression que le changement s’est effectué de manière plus rapide et drastique quand on voit ici le contraste de vie entre le rural et l’urbain.

À Battambang, on y loue des vélos pour se rendre à une montagne à 12 km de là. A son sommet un superbe temple et quelques singes dominent la région de champs et de terres ocre.  On y prend du plaisir; surtout au soir quand nous y assistons à une représentation d’un cirque local nommé Phare Ponleu Selpak. C’est un cirque qui réhabilite des jeunes orphelins de la rue (principalement dut au régime des Khmers rouges) et sert de « défouloir » à énergie à cette jeunesse en manque d’attention. Certains ont été formé au célèbre cirque du soleil du Québec et c’est vraiment un plaisir de voir cette bande de jeunes célébrer la vie. Le thème était celui d’un survivant du génocide en proie à la folie qui se fait « réveillé » et redonné gout à la vie par une bande de joyeux lurons. Une manière de ne pas oublier le passé, de penser au présent et de regarder vers l’avenir.

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2 réponses à “Viens chez moi, j’habite sur l’eau… Kompong luong

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